Un concept original de spectacle

Chaque Fabrique du Macadam est unique. Elle est le fruit de la rencontre entre des artistes amateurs et des artistes professionnels autour des cultures dites urbaines, ou cultures populaires: rap, slam, danse, graff, musique,…
La Fabrique du Macadam est conçue de bout en bout comme un spectacle professionnel, avec une grande exigence de qualité, tant au niveau du contenu que de la forme. C’est un travail de création, encadré par un metteur en scène, Jean-Matthieu Fourt rompu aux techniques de créations collectives, d’improvisation et de direction d’acteur. Nous travaillons avec des techniciens chevronnés en son et en lumière ; avec des artistes reconnus, ayant un itinéraire artistique puissant – une forte densité de création dans leur domaine : chorégraphie, musique, texte, peinture.

Documentaires sur la Fabrique du Macadam

La Fabrique du Macadam « Et Gare » (2012)

Ce documentaire retrace le processus de création de la dernière Fabrique du Macadam – Et Gare ! à travers le témoignage de ses créateurs et de ses participants.

La Fabrique MacaDames (2015)
« Makeda » est un documentaire sur la dernière création de la Fabrique du Macadam du Café Culturel en 2015. Cette carte blanche confiée au réalisateur Emanuel Rojas est axée sur le parcours des quatre musiciennes: Nathalie Ahadji, Billie Brelok, Samia Diar et Naïssam Jalal. Ces portraits tissent le fil de cette aventure collective pendant plus d’un an : des ateliers aux répétitions, jusqu’au spectacle final du 13 décembre 2015 au Théâtre Gérard Philipe à Saint-Denis.

La résonance avec un territoire

Chaque occurrence de la Fabrique du Macadam est liée au territoire dont elle émane.Qu’il s’agisse d’une commande ou d’un partenariat, ce genre de projet tire son sel d’un lieu de rencontre. Le foyer de personnes âgées Ambroise Croizat à Saint-Denis pour les premières fabriques, les Chapiteaux Turbulents pour la Fabrique avec les autistes, le Parc de la Bergère à Bobigny pour la Fabrique Canal 93, le parvis de la gare de Saint-Denis pour la Fabrique du Macadam – Et Gare! … Chacun de ces lieux, et le public et les amateurs qu’il va drainer, donne une couleur spécifique au projet.

Le choix d’un thème

En amont du spectacle, le choix d’un bon thème permet d’orienter le travail d’écriture des ateliers. Par exemple, le thème du Voyage d’Ulysse a débouché sur la Fabrique du Macadam OQTF avec des roms, ou le thème de la liberté : celle qu’on se crée a débouché sur la Fabrique du Macadam – Entrez libres ! avec des détenus de la maison d’arrêt de Bois d’Arcy. Le thème doit être suffisamment simple pour être investi par chacun. Et suffisamment ouvert pour ne pas trop contraindre l’imaginaire, pour ne pas assécher l’inconscient collectif.

Les ateliers amateurs

Les ateliers amateurs nous permettent de constituer le noyau du spectacle. Dirigé par un (ou deux) professionnel, l’atelier permet d’explorer la thématique et d’en révéler tout le suc, c’est-à-dire la matière agissante.

Les amateurs ne sont en aucune façon castés : chaque projet suscite de nouveaux participants, et la rigueur ainsi que la durée des ateliers écrème les velléitaires. Notre grande fierté est d’avoir suscité des vocations, et d’avoir incité de nombreux pratiquants à la professionnalisation, selon un itinéraire immuable au sein de nos productions : de « n’a jamais pratiqué » à amateur, de amateur débutant à amateur chevronné, puis à semi-professionnel, puis enfin professionnel, voire cerise sur le gâteau intermittent du spectacle

Représentation de la Fabrique du Macadam #OQTF# dans le chapiteau Raj’ganawak installé dans un camp Rom de la Plaine-Saint-Denis

Un formidable dispositif de rencontres

Au niveau humain, la Fabrique du Macadam est un formidable dispositif de rencontres:

Rencontres entre des artistes amateurs et professionnels de tous horizons. Mélange de générations, de classes sociales, de pôles d’intérêts.

Rencontre entre des disciplines artistiques différentes que nous forçons à s’allier sur scène pour des assemblages baroques et poétiques : la danse et la poésie, le slam et le graff, …

Rencontre de territoires différents : Fabrique avec un collectif algérien d’Oran; Fabrique avec le groupe portugais O’queStrada, … Rencontre avec la joyeuse étrangeté des autistes dans le cas de la «Turbulente Fabrique du Macadam»; avec l’énergie des détenus de la maison d’arrêt de Bois d’Arcy dans le cas de la Fabrique « Entrez Libres »; avec le mode de vie des Rroms pour la Fabrique « #OQTF# »…

Musicalement, les Fabriques du Macadam sont enfin des creusets de nouvelles créations, qui suscitent un son nouveau, car issu du savant mélange de musiciens provenant d’horizons et de cultures musicales différentes. Ah! le doux mélange de scratchs de DJ Junkaz Lou avec la guitare Flamenco algérienne de Samia Diar, la contrebasse post punk de Fantazio, le Gombri Marocain de Mehdi Chaïb et la guitare électrique post-post industrielle de Cheval Blanc …

Le temps fort avec les musiciens

Samia Diar (guitare flamenca) et Mehdi Chaïb (saxophone)La semaine intensive de répétition avec les musiciens permet de trouver la forme du spectacle. D’inventer les musiques qui accompagneront les textes et les danses. De travailler sur la représentation proprement dite : diction, adresse, rythme, corps, … Car il s�����agit de créer un écrin pour chaque texte, chaque danse, afin que l’artiste amateur ait une chance de briller de tous ses feux. Les musiciens sont choisis en fonction de la couleur musicale qu’ils amènent, de leur capacit�� à travailler en collectif, et de leur écoute : c’est un savant cocktail qui conditionne la réussite finale du projet, puisque c’est à cette étape que nous inventons le son. La responsable du projet, Cristina Lopes, est experte dans cette chaudronnerie du diable de l’invention d’un groupe de musique spécifique.

L’adjonction d’une scénographie et habillage lumière

L’art vivant a besoin d’une esthétique. Qui oriente le regard du spectateur et la perception de l’acteur. Travailler avec un scénographe permet d’inventer la structure du plateau. De travailler le rapport au public. De fabriquer une esthétique, trop souvent les spectacles avec des amateurs sont cantonnés a une absence de décor préjudiciable. D’usiner l’espace de la représentation, avec ses verticales, ses profondeurs, ses diagonales, ses hauteurs, ses ruptures de plan, ses déconstructions.D’inventer d’inédits enchaînements, de subtiles ou abruptes façons de rentrer dans le jeu, de casser la frontalité pour abolir l’entrée en scène de l’acteur en herbe. Le créateur lumière va structurer l’espace, diriger la concentration des spectateurs mais aussi leur donner des clefs pour comprendre les propositions des artistes. C’est là encore un rapport à l’esthétique comme composante fondamentale de notre rapport à l’art vivant.

Scénographie de Nicolas Cesbron pour la Fabrique du Macadam – Et Gare !

L’intervention de plasticiens pendant le spectacle

Avoir la chance de travailler avec un graffeur ou un sculpteur pendant le spectacle permet d’enrichir la proposition et de trouver des échos visuels.Ces disciplines sont éminemment populaires, et peu de spectateurs ont eu la chance d’être confrontés à une toile ou à un mur en train d’être peints. C’est considérer l’espace scénique comme une matière vivante qui se transforme radicalement au cours du spectacle.

Sérigraphie géante par Antoine Petit pour La Fabrique du Macadam « Et Gare! »