Project Description

2spee Gonzales
Roi de l’impro à souhait  et activiste du Rap indépendant depuis plus de 10 ans, 2Spee Gonzales, figure locale, est un rappeur tout-terrain, qui arpente aussi bien les scènes, le métro que le bitume en passant par La Fabrique du Macadam.

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Portrait Journal de Saint-Denis par Benoit Lagarrigue (2010)

« Ah souhait?!!! » Traduisez?: c’est bien, c’est super?! C’est avec ce cri qu’il conclut le dernier album d’Ursa Major, De gré ou de force. Et qu’il marque son contentement, dans la vie de tous les jours. 2spee Gonzales est un jeune homme à peine trentenaire qui est tombé dans le rap tout petit. « J’ai commencé vers 13, 14 ans, au collège Elsa-Triolet. Ma sœur m’avait donné une K7 de rap américain et j’avais kiffé. » Alors il fréquente la MJ, pas encore Ligne 13, commence à écrire des textes. En 1996, il intègre le groupe La Pléiade qui deviendra Ursa Major en 1998. « On était sept, comme les étoiles de la grande ourse, Ursa Major en latin », dévoile-t-il.De mix tapes en compiles (dont la cultissime 93200 Saint-Denis) et en passages sur scène, le groupe trace son chemin. Un jour, 2spee participe à un clash, sur Skyrock?: il le remporte trois fois de suite. « Après, j’en ai fait plusieurs, à Saint-Denis, au Bateau-phare, en province. Mais c’était plus un amusement, un exercice de style qu’une vraie passion. Moi, ce que je préfère, c’est l’écriture. » Il s’inspire de la vie quotidienne, des galères, des gens qu’il rencontre, de ses potes, de sa famille, bref, de la vie.

En 2001 un maxi-vinyle Ursa Major sort, en 2007 c’est au tour du premier album et il y a quelques semaines du deuxième, De gré ou de force. Un CD qu’on ne trouvera pas dans les bacs. 2spee et ses collègues sortent des circuits de distributions traditionnels et mouillent le maillot pour le diffuser eux-mêmes. C’est ainsi qu’on peut le voir et l’entendre avec son complice Dino Killabizz dans les rues de Saint-Denis, à Paris ou dans le métro (la ligne 13 uniquement?!), munis de leur machine à musique et d’un micro, interprétant des extraits du CD qu’ils proposent directement aux passants. Et ça marche?! Ah souhait?!!!

« J’ai toujours rappé dans la rue, depuis le début. C’est là où est le meilleur public. Les gens nous encouragent, ça fait chaud au cœur… » En moyenne, ce sont entre quinze et vingt albums qui partent ainsi à chaque fois, « un jour, on est même monté à trente en deux heures?! », dit-il fièrement. Depuis peu, ils ont un stand aux Puces de Saint-Ouen, où ils jouent, vendent leur CD et des tee-shirts labellisés Ah souhait.

Farouchement opposé aux tendances bling-bling et machistes du rap formaté actuel, 2spee Gonzales est ouvert à d’autres styles musicaux, participe aux Fabriques du macadam du Café culturel, au-dessus duquel il habitait, adore jouer avec Fantazio et sa contrebasse déjantée, et déborde d’enthousiasme, même si les temps sont durs pour ces nouveaux troubadours des villes. « Ce n’est pas facile d’en vivre, et les heures passées à chanter dans la rue ne comptent pas pour avoir le statut d’intermittent du spectacle. Mais je continuerai tant que j’aurai des cordes vocales… C’est une passion, un état d’esprit, une manière de vivre… » Ah souhait?!!!

Benoit Lagarrigue portrait 2010

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